| a Tour Martello no.4, sise sur la rue Lavigueur dans le quartier St-Jean-Baptiste à Québec est le pied à terre des Compagnons de l'ère. Les trois tours Martello, encore debout aujourd'hui, font partie du patrimoine historique de la ville. Ayant la chance de pouvoir redonner vie à l'une d'entre elles, nous ne pouvons passer outre leur histoire. Voici donc un bref historique de ces tours de pierres.
Au début du XIXe siècle, les Britanniques craignent que les Américains, par suite de l'obtention de leur indépendance (1776), ne tentent d'annexer le Canada à leur territoire. Devant cette menace, Gother Mann, commandant des ingénieurs royaux du Canada (1785-1804), préconise la construction de tours à Québec pour empêcher l'envahisseur de s'approcher des fortifications déjà existantes.
Ralph Bruyères, successeur de Mann, entreprend la construction de quatre tours à l'été de 1808. James Craig, alors gouverneur de la colonie, fait exécuter les travaux sans l'autorisation de Londres qu'il met devant le fait accompli. En 1812, les tours sont terminées et prêtes à servir.
Grâce à leur architecture propre, les tours Martello sont peu coûteuses à construire et faciles à défendre. Elles sont disposées à peu près parallèlement à l'enceinte sur toute la largeur du promontoire et se protègent mutuellement. Le mur ouest, qui fait face à l'ennemi, est plus épais alors que le mur est, plus mince, peut facilement être détruit à partir de l'enceinte en cas de prise par l'ennemi.

La Tour Martello no.4 devait abriter une garnison d'une douzaine d'hommes. Ces garnisons devaient prévoir leur subsistance pour une période d'environ un mois, soit jusqu'à leur relève.
L'unique accès à la tour est situé à l'étage et est orienté vers l'est, c'est à dire vers l'enceinte. L'escalier amovible, une fois tiré à l'intérieur, rendait la tour inaccessible à l'ennemi. à l'origine, les planchers étaient faits de bois assemblé par des chevilles de bois également afin d'éviter la formation d'étincelles. Les murs étaient soit sur la pierre, soit blanchis à la chaux. Ce revêtement avait la double propriété d'éclairer la pièce et de la désinfecter.
La forme voûtée ajoute à la solidité de la structure: les joints ébranlés à la suite d'un bombardement se resserrent et offrent ainsi aux pierres une meilleure prise. La colonne, qui part du rez-de-chaussée et se termine à la naissance de la voûte, supporte toute la structure. Son centre est rempli de débris de pierre et de mortier. Environ 1,5 mètre de brique sépare l'étage principal du toit qui supporte la plate-forme. Même si cette dernière fut conçue pour recevoir trois pièces d'artillerie, une seule y fut installée.
L'étage inférieur servait à l'entreposage des vivres. Trois réservoirs d'eau sont creusés dans le sous-sol de la tour. L'eau de pluie, recueillie sur le toit par des rigoles, était acheminée par des conduits pratiqués dans la structure de pierre jusqu'aux réservoirs. Cette eau ne devait servir qu'en cas de siège; autrement, des puits se trouvaient à proximité. La poudrière, située sur le même étage, pouvait contenir jusqu'à 75 barils de 34 kg chacun disposés sur une étagère en bois. Une fois de plus, la forme voûtée du plafond protège la poudrière d'un effondrement éventuel de l'étage supérieur.
Petite
Chronologie
- 1812-1846 -
L'armée britannique occupe les tours de façon moins rigoureuse que prévu, la menace américaine s'étant estompée. Les tours n'ont pas été habitées de l'hiver.
- 1821
- Les poudrières sont vidées de leur contenu et les plates-formes désarmées.entièrement .
- 1846
- Les tours sont régulièrement visitées par un gardien qui maintient les feux l'hiver et aère l'été lorsqu'elles ne sont pas occupées.
- 1857
- Le toit et le parapet de la tour no.4 sont détruits par le feu.
- 1857
- Le toit et le parapet de la tour no.4 sont détruits par le feu.
- 1862
- Le toit de la tour no.4 est refait et recouvert de feuilles de fer-blanc.
- 1871
- Départ des troupes britanniques pour l'Angleterre. Les tours sont remises au gouvernement canadien.
- 1892-
1907 - La tour no.4 est habitée par un agent de la paix et sa famille.
- 1910 - Acquisition de la tour no.4 par la Commission des champs de bataille et restauration d'envergure.
- 1937
et 1964 - Restauration de la tour no.4.
- 1979 - Mise sur pied d'un programme d'interprétation des Tours Martello.

(Toutes les informations concernant les tours Martello données précédemment sont tirées du guide du visiteur, produit par la Commission des champs de bataille nationaux et du gouvernement du Canada.)
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